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Une famine chez les animaux

Conte par Muangualai

Un jour éclata une famine dans le monde animal. Tous les animaux savaient qu'il y avait la famine. Ils ne trouvaient nulle part ni à manger, ni à boire.

Ayant des oreilles, ils apprirent que ceux qui habitaient à Kapanga avaient de quoi manger.

Tous les éléphants, crocodiles, tortues, antilopes, lions, léopards, y compris les oiseaux; tous s'y précipitèrent. Ils invitèrent l'éléphant, en tant que chef et roi des animaux, à marcher en tête. Tous les jeunes marchaient à sa suite. Ils se rendirent très loin de chez eux.

Parvenus à mi-chemin, ils débouchèrent dans les ruines d'un village. Dans ces ruines, ils trouvèrent une grande quantité de citrouilles.

Vous savez bien comment l'éléphant fait. Ayant trouvé toute cette nouriture, il se mit à manger, à se gaver, à tout avaler sans mâcher. S'étant bien rassasié, il ne trouva plus de quoi se rafraîchir la gorge qui était devenue fort séche.

A cette vue, ces derniers, se demandèrent entre eux: "Que faire? Qui parmi nous est le plus rapide, capable de courir à la rivière, y chercher de l'eau pour notre chef, sinon il va mourir?"

C'est ainsi que la gazelle se présenta pour y aller.

Arrivée à la rivière, elle puisa de l'eau dans la calebasse qu'elle posa sur sa tête.

Sur le chemin de retour, elle rencontra une cigale.

Cette dernière ne voulait pas que l'éléphan reprenne vie. Elle se mit à chanter et à interroger la gazelle:

"Camarade, où vas-tu? Ndjekete, Ndjekete!"

"Je vais puiser de l'eau."

"À quoi servira cette eau? Ndjekete! Ndjekete!

"Cette eau est pour ranimer le chef."

"Qu'est-ce qu'il a mangé le chef? Ndjekete! Ndjekete!

"Le chef a mangé les citrouilles."

En entendant cette mélodieuse chanson, la gazelle, charmée se mit à danser frénétiquement. Sa calebasse se brisa au sol en mille morceaux.

Alors, elle s'écria: "Mon dieu! Que vais-je faire à présent? Retourner à la rivière? Je n'ai plus de calebasse pour porter l'eau. Je retourne avec les autres. Je leur dirai simplement que la calebasse s'est brisé."

Revenue à l'endroit où elle avait laissé les autres animaux, elle leur annonça l'événement.

Tous les animaux s'écrièrent en se moquant d'elle: "Oh! tu as échoué, le roi va mourir. Qui pourra aller chercher de l'eau rapidement?"

Une antilope courrût alors à la rivière. Elle puisa de l'eau.

Parvenue à l'endroit précis où la gazelle avait cassé la calebasse, elle entendit une belle et mélodieuse chanson:

"Camarade, où vas-tu? Ndjekete, Ndjekete!"

"Je vais puiser de l'eau."

"À quoi servira cette eau? Ndjekete! Ndjekete!"

"Cette eau est pour ranimer le chef."

"Qu'est-ce qu'il a mangé le chef? Ndjekete! Ndjekete!

"Le chef a mangé les citrouilles."

L'antiloppe se mit à danser également et la calebasse se brisa aussi. Elle rentra tristement en se tournant les moustaches.

Alors, tous les animaux passèrent à tour de rôle en échouant l'un après l'autre, comme la gazelle. Même le lapin, le plus malin habituellement, revint aussi avec sa calebasse brisée.

Alors la tortue se présenta aussi pour y aller.

Mais les autres lui répondirent avec mépris: "Si les plus malins, les plus puissants ont tous échoué et sont rentrés les mains vides; à plus forte raison, toi qui marches en trainant les pattes, tu ne réussiras certainement pas!"

Mais, elle insista si fort que certains animaux acceptèrent finalement sa suggestion.

Ils la laissèrent partir à la rivière. Aprés s'être d'abord désaltérée, la tortue se mit en route, la calebasse sur la tête.

Arrivée au même endroit où les autres avaient brisé leur calebasse, elle entendit la même chanson mélodieuse.

Mais, contrairement à ses amis, avant de se mettre à danser, elle déposa sa calebasse au sol et continua à danser avec frénésie. A tous les dix pas, elle fit de méme, car la chanson la charmait.

S'étant un moment retournée, elle aperçut la cigale qu'elle attrapa et jeta dans la calebæse.

Elle remit son récipient sur la tête et repartit au village où elle arriva avec sa calebasse sur la tête. L'éléphant pût ainsi se désaltérer. Il reprit vie. Tous furent surpris et étonnés de la réussite de la tortue.

C'est ainsi que les animaux apprirent que, comme pour la tortue, l'intelligence ne correspond pas toujours à la grandeur du cerveau.

Muangalai