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Interview avec MonsieUr Alexandre Jienu

I : Bonjour monsieur Alexandre, nous sommes contents de passer cette interview, si vous voudriez bien vous présenter à notre public, et nous dire ce que vous faites exactement dans la vie ?

AJ : Je m’appelle Alexandre Jienu, je suis d’origine camerounaise. Je suis marié et père que des garçons (rire!). Je profite pour lancer un clin d’œil à mon cœur, ma bien-aimée Natou, ma complice et épouse, mon affection inaltérable, qui vient de me donner un nouveau bébé, JEFF Barack, Yako. Notre combat de la vie de tous les jours est toujours la et nous devrions être toujours vigilants (elle comprend mieux ce que je veux dire). Après obtention de mon baccalauréat D au Cameroun en 1988, j’ai eu la chance de pouvoir d’obtenir un visa pour aller continuer mes études en France en 1989, où quelques années après, j’ai obtenu mon DUT ( Diplôme Universitaire en Technologie) analyste programmeur à l’université de Paris XIII , un diplôme d’Ingénierie en Informatique généraliste, ensuite d’un master en Internet, en Programmation et en Application, obtenu avec mention très bien au Pole Universitaire Leonard de Vinci à Paris, la Défense. J’ai pu occuper plusieurs postes en France, en tant qu’ingénieur cadre en EDF-GDF (Electricité de France Gaz de France), CHRONOPOST France…, pour ne citer que ceux là. Je suis entrain de m’orienter dans la production musicale, notamment de la musique comme le Hip Hop.

I: Vous semblez ne pas vous ennuyer, avez-vous d’autres occupations à Toronto ?

AJ : J’essaie simplement de m’occuper au maximum. Présentement, je suis Senior Administrateur de Base de Données Oracle dans une institution financière à Toronto. Avant j’occupais un poste similaire pendant environ trois années dans une entreprise de développement des logiciels, je fais partie du conseil d’administration de l’organisme CANORAAA Toronto (Canadiens et Canadiennes d’origine Africaine, Asiatique et Antillaise) , dans lequel je suis Consultant bénévole sur les nouvelles technologies, j’anime la rubrique SI ON PARLAIT INFORMATIQUE du journal Canoraa.

I : Vous devez avoir beaucoup d’énergie, ça ne doit pas être facile entre vie professionnelle, vie familiale et le bénévolat à Canoraa, alors quel est votre secret ?

AJ : Dans la constitution canadienne, le bénévolat fait partie des devoirs de tout Canadien. Je suis donc très fier de participer à l’évolution de mon pays d’adoption à travers ce bénévolat, en aidant notre communauté ethnoculturelle qui ne cesse de grandir à Toronto et ses environs. Par ailleurs j’ai une femme formidable, qui m’accorde naturellement cet espace.

I : Au début de cette entrevue, vous avez parlé de combat, peut-on en savoir un peu plus?

AJ : (hésitant…), vous savez, il y a deux façons de faire face à la douleur : soit en parler ou essayer d’oublier, pour ce qui me concerne, je préfère oublier. Ce que je fais depuis un moment, tout en restant alerté sans relâche, au regard des attaques subies par ma famille et surtout mes enfants.
Martin Luther King disait : « ce ne sont pas les attaques des ennemis qui font le plus mal, mais le silence des amis ».
Actuellement je me concentre sur le futur, car j’y passerais le restant de mon temps. Personnellement, je ne me prends pas pour quelqu’un d’autre, ceux qui me connaissent bien,  sont parfois surpris par  des conventions sociales préétablies ?

I : Par Conventions sociales préétablies, que voulez-vous dire ?

AJ : Dans notre communauté, ceux qui prétendent être financièrement ou socialement établis, n’hésitent pas dans une relation, de vous marcher dessus ou simplement vous regarder de haut sans aucune raison, ce genre d’attitude se détecte automatiquement, et je trouve cela lamentable, car chacun de nous est important quelque soit sa capacité financière ou intellectuelle, je ne juge que sur les actes et non sur l’image, tout en restant naturel et humble, Barak Obama est une preuve d’humilité car nous évitons de nous regarder dans la glace avant de juger les autres sans fondements.

I : Alors tout semble rouler pour vous au regard de votre parcours ?

AJ : Pas vraiment, il fallait cette fameuse expérience canadienne, puisqu’a la fin de l’année 2006 je terminais une formation en " Advanced Database Administrator" à Herzing Collège Toronto, où je fus assistant du professeur en UNIX, SQL , Oracle. Mon diplôme fut obtenu avec mention honorable, puis des certifications sur Oracle 10g (OCP : Oracle Certified Professional), OCA 10g (Oracle Application Server), UNIX (SUN 10 Certified Professional), et j’ai eu la chance d’avoir une offre comme DBA Oracle en fin de formation. Je ne cesse de me former enfin de rester compétitif et maintenir mon employabilité.

I : Vous parlez de chances d’emplois, pourquoi ?

AJ : Imaginez le nombre de personnes extrêmement qualifiées dans cette ville de Toronto (où la compétition est rude, avec cette crise), parfaitement bilingues, avec des expériences impressionnantes qui n’arrivent pas à trouver un emploi. Je ne néglige jamais ce facteur "chance", tout en comptant sur la performance et une remise en question permanente. Ne jamais négliger une perspective de formation, elle fera toujours la différence. Il faut toujours manifester une grande capacité d’adaptation, d’envie d’apprendre, votre potentiel, et avec un peu de chances et d’endurances vous atteindrez vos objectifs professionnels.

I: En tant que Administrateur de base de données, c’est quoi les bases de données pour un néophyte?

AJ: Simplement parlant, nous gérons les bases de données dans notre quotidien sans le savoir! Supposez que vos produits de ventes sont référencés manuellement dans un gros cahier, ceci est une base de données, avec comme support du papier! Sous ce format, vous êtes contraint avec l’aide de la calculatrice ou de votre mémoire (Je préfère la calculatrice), de savoir (par exemple) le produit le plus vendu durant les deux derniers mois. Vous décidez alors d’automatiser la gestion de votre stock avec pour but de pouvoir faire des programmes répondant à la requête précédente. Avec un petit budget et un peu de ténacité, Excel de Microsoft peut faire l’affaire, tout en vous donnant en plus, la possibilité de visualiser vos ventes sous formes graphique, ce qui est d’ailleurs assez intéressant, mais trop limité pour des requêtes encore plus complexes, du genre : Quels sont les produits les plus vendus par fournisseur , par région et par vendeur au cours des 3 derniers années ? Je laisse le soin aux experts d’Excel d’automatiser une telle requête, mais supposez que vous avez 1000.000 produits ? Un autre système de gestion de stock performant s’impose naturellement, avec une redéfinition des objets qui pourront stocker ces références, et faciliter l’automatisation des requêtes de ventes quelques soit leur complexité. Ces objets sont les tables, qui doivent être crées et liées entre elles, en tenant compte des règles de gestion de l’entreprise, des contraintes fonctionnelles, et certaines règles appelées formes normales, permettant d’éviter les redondances, la corruption, l’inconsistance des données, tout en optimisant les performances d’accès et de modifications. Ces tables peuvent être créées et accédées par le langage de programmation SQL (sequential query language), mais seules quelques logiciels implémentent dans leur moteur de recherche, l’algorithme permettant d’accéder ces tables de données. Nous pouvons en citer : Access, et SQL Server de Microsoft, Oracle de Oracle corporation, DB2 de IBM, pour ne citer que ceux là. Ces logiciels présentent chacun des avantages et des inconvénients avec Oracle qui est le leader du marché au regard des fonctionnalités de sécurités fournies. Nous avons tous en tête le 11 septembre. Beaucoup d’entreprises seraient en faillite si elles n’avaient pas prisent la précaution de prévenir de tel désastre, puisque les serveurs dans les tours stockant les données étaient répliqués automatiquement , à l’autre bout du monde et chaque modification faite dans les bases de données installées dans les tours étaient automatiquement propagées dans des serveurs de données secondaires installé en dix mile lieux de là, et sans limite géographique ! C’est que l’on appelle "Disaster Recovery". Une telle fonctionnalité n’existe pas sur Access, encore moins la haute disponibilité des serveurs et la capacité pour une application ou un service de reprendre automatiquement du travail, en cas de perte d’un ou plusieurs serveurs sans que les clients de ne rendent compte. Donc tout système stockant les données peut être appelé base de données, le stockage ou leur l’extraction peut être manuel ou automatique et le choix d’une des bases de données, dépends des fonctionnalités qu’elle offre ,de l’épaisseur de votre porte monnaie, en tenant compte de la criticité de vos données qui à mon humble avis n’a pas de prix, et est le facteur déterminant.

I Alors quels sont les rôles d’un administrateur de bases de données ou du consultant Oracle que vous êtes ?

AJ : Imaginez une banque perdant toutes ces données clientèles, C’est la faillite ! ou la catastrophe puisque les comptes clients seront inaccessibles.. Donc le rôle d’un administrateur de bases de données est d’implémenter tous les scénarios possibles permettant de restaurer automatiquement les données en cas de catastrophe naturelle ou intentionnelle, faire du tuning des serveurs de bases de données, c'est-à-dire s’assurer que les temps de réponse des transactions sont acceptables :imaginez qu’un distributeur automatique de billets fasse environ 30 seconds pour afficher l’état de votre compte après saisi du code ? C’est inacceptable. C’est mon travail quotidien avec pour mission critique, de s’assurer que les serveurs de données sont disponibles et fonctionnelles à 99.99%. Dernièrement le site amazone aurait perdu 50 million de dollar pour indisponibilité de leurs serveurs en quatre heures.
Croyez- moi ou pas il y a des entreprises générant des millions de dollar de bénéfice, mais, stockant leurs données sur Access, sans aucune précaution de prise de restauration de données, en cas de catastrophe naturel ou intentionnel. Mon rôle en tant que consultant est de les conscientiser du danger qu’elles encourent et préconiser les solutions adaptées.

I : En tant que conseiller bénévoles en nouvelles technologies et membre du conseil d’administration de Canoraaa, quels sont vos apports au sein de cet organisme ?

AJ : Techniquement parlant, pour tous nos projets orientés vers les nouvelles technologies, je donne toujours mon appréciation ou des orientations techniques avant soumission. Par ailleurs, j’ai mis en pratique des ressources présentes à Canoraaa, mais non utilisées efficacement pour donner une visibilité mondiale de Canoraaa, par le biais des nouvelles technologies. Par exemple, le taux de diffusion du journal Canoraaa dans les foyers Canadiens au Canada et d’ailleurs est visible, au regard des retours obtenus. Les annonces d’offres emplois ou publicitaires que nous diffusons ont des impacts impressionnants, au regard du retour de nos commandites, tout ceci est le résultat de notre nouvelle stratégie de communication qui prend en compte les nouvelles technologies. Amélioration du site web de Canoraaa (www.canoraaa.com) . L’instauration L’open door system à Canoraaa permet de venir et d’obtenir des ressources sans rendez-vous, notre salle informatique est disponible avec moins de limitations. Il nous arrive de fermer trop tard, pour ceux qui travaillent mais doivent préparer leur document pour l’immigration ou autre, ou ouvrir le week-end ! Si c’est nécessaire. Le nombre de bénévoles ne cesse d’augmenter pour répondre aux besoins de la communauté, les outils informatiques mis à jours régulièrement et plus efficacement.
J’encadre et j’oriente les jeunes bénévoles qui veulent apprendre l’informatique, la rubrique SI ON PARLAIT INFORMATIQUE du journal Canoraa, éduque le grand public sur les nouvelles technologies, avantages et inconvénients, et comment se protéger contre les virus informatiques, les retours d’appréciations sont impressionnantes et inattendus.

I : En ce qui concerne les nouvelles technologies, qui s’en occupe au quotidien ?

AJ : Nous avons une équipe technique de bénévoles que j’encadre par délégation de pouvoirs, en tenant compte d’un cahier de charges établi en accord avec le directeur exécutif Jacques Yamdjie, qui est un responsable formidable et dont je salue sa vision communautaire, sa disponibilité sans relâche. Canoraaa est situé en plein centre ville de Toronto, avec une accès extrêmement facile, par le métro (Station college). Je travaille à 20 minutes maxi de Canoraaa, ce qui est un avantage considérable, donc ma présence physique est quasi permanente.

I : Alors pourquoi avoir choisi Canoraaa, au lieu d’un autre organisme ?

AJ : Un manager se rassure que les projets sont remis à temps et ont atteint leurs objectifs, alors qu’un leader vous donne envie de continuer à travailler avec lui, même à la fin d’un projet, Jaques (Directeur de Canoraaa) et moi avions travaillé ensemble dans le passé sur des projets techniques. Et sa capacité de leadership exceptionnel m’a séduit. C’est pour cela que je suis resté auprès de lui. Nous avons cette vision commune de desservir la communauté ethnoculturelle, qui doit s’unir encore plus pour un meilleur avenir de nos enfants et changer les regards parfois enfantins portés sur nous. Le multiculturalisme est inscrit dans la constitution canadienne, nous devrons en profiter pour conjuguer nos points forts tout en améliorant nos faiblesses, tous ceux qui ont eu des contacts avec Canoraaa dans le passé ou actuellement ne me diront pas le contraire, et nous avons des anciens bénévoles qui sont présentement agents fédéraux , provinciaux ou dans le secteur privé fiers d’avoir fait leur premiers pas dans Canoraaa, Jacques est une source de valeurs infinies et un agent communautaire accompli. Sa capacité de résolution des conflits est impressionnante. Quinze années de promotion communautaire, vous donne une compréhension complète des arcanes du système social avec des contacts énormes. Ceux qui ont côtoyé Jacques, savent de quoi je parle, et ceux qui n’en ont pas eu cette opportunité les vérifieront d’eux- mêmes si l’occasion se présente. N’oubliez pas que Barak Obama s’est beaucoup inspiré de son expérience communautaire pour gagner les élections. L’expérience politique et la patience commencent par la communauté. Personnellement je serai le premier votant de Jacques si la politique le branche (rire en éclat), mais je suis vraiment sérieux ! Pardon.

I : A quand la fin de votre mandat avec Canoraaa ?

AJ : Tant que je serais disponible et en bonne santé, je n’aurais pas de problème pour mettre mon temps et mes talents au service de Canoraa. En tant que membre du conseil d’administration, je ne sais pas. Tout dépendra des élections, avec les nouvelles technologies, vous n’avez pas besoin d’être physiquement dans un endroit pour travailler. Il existe des outils gratuits sur le marché, avec lesquels vous pouvez vous connecter à distance et prendre le contrôle d’un ordinateur et y travailler. Ce que Jacques et moi faisons déjà de temps en temps en cas d’indisponibilité physique.

I : Que pensez- vous des autres organismes communautaires à Toronto et ses environs

AJ : Je n’ai pas d’expérience communautaire avec d’autres organismes, mais en collaborant avec d’autres organismes sur différents projets provinciaux ou gouvernementaux, il est clair qu’ils sont toutes complémentaires, malheureusement je suis parfois stupéfait, lorsque j’entends les commentaires peu gratifiant, alors que nous avons un combat commun, qui est de faciliter l’accès aux informations des membres des communautés ethnoculturelles de Toronto et ses environs. Il serait utopique de croire qu’un seul organisme communautaire pourrait le faire seul, raison pour laquelle nous développons de plus en plus une stratégie de collaboration avec d’autres organismes ayant des mandats complémentaires sur certains projets afin de mieux desservir la communauté et être plus fort.

I : Que pensez vous de la communauté ethnoculturelle dans la ville de Toronto, et au Canada en général ?

AJ : Chacun doit s’engager, en tenant compte des capacités des uns et des autres, qui ne sont pas forcement liées au niveau intellectuel. Dans notre communauté, tout le monde est leader, avec des initiatives inexistantes ou peu convaincantes. Regardez comment les autres communautés fonctionnent, par manque d’initiatives, nous pouvons aussi copier ce que font les autres organismes. Il y a malheureusement trop de luttes de pouvoir pour la direction de nos organismes communautaires, les rapports interpersonnels sont virtuels et ne peuvent que générer des pertes ou une évolution très limitée. D’après certains sondages, notre taux de chômage est le plus élevé, comparé aux autres communautés, ayant un taux de formation universitaire moins élevé que la notre, à qui la faute ? Le débat est ouvert ! Mais j’ai la ferme conviction que nos enfants inverseront la tendance, en s’intégrant en profondeur dans ce pays, puisque c’est le seul qu’ils connaissent bien.

I : Quels conseils donneriez vous aux nouveaux immigrants ou futurs ?

AJ :Pour ceux qui sont déjà là : ayons des pensées positives. Quel que soit votre âge, essayez de vous former tant que vous pouvez, évitez les expressions du genre "C’est fini l’école", ne pas hésiter à prendre une formation dans un domaine ou non, cela prouve votre capacité d’adaptation, et vous aidera un jour. Pour les futurs immigrants, ne rien considérer pour acquis, et éviter de prendre les expériences malheureuses, ou heureuses des autres pour référence, toujours tenir compte de ses potentiels, et croire en soi, et surtout apprendre l’anglais quelle que soit la province. Le Canada est bilingue, parler une seule langue diminue vos chances d’avoir un travail de vos rêves.

I : Un dernier mot?

AJ : La seule voix du succès individuel ou d’un groupe, passe par l’amélioration de ses faiblesses. Nous serons plus forts en agissant dans ce sens tout en nous respectant les uns des autres. Le Canada est un pays qui offre les opportunités pour tous les âges, et compétences, quelque soit votre couleur, vos origines, et vos croyances. Je souhaite à tout le monde, surtout à toute la communauté africaine, une bonne fête de fin d’année. Que l’année 2010 soit une année de joie, de pais et de réussite pour mes frères et sœurs d’origine africaine. C’était un plaisir de partager ce peu avec vous.